Accueil Les oulipiens de l’année Crochet à goutte d’eau
Piton à roc

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Le roc a le type homogène. Poli. Posé.
Pas une petite fêlure ne le ride.
Pas une petite cavité de façon à forer un oculus.
Inutile de rêver aviver une fine rigole.
Son ego se dilate. Ce défilé se note l’Écu.
 
Si l’inégalité minérale se révèle rare, si la pose d’une lunule s’avère ridicule, juge ce filon. Original. Inusité.
L’ami du rare cas.
 
Utilise la patère hameçon.
Un anonyme piton, un éperon acéré, subulé.
Le piton à roc.
Opère la pose sur une rugosité minime du pic.
À la base de la patère tu fixes un exigu filin à six étages.
Oxygène ta cage.
Sur une base minimale tu poses une savate.
Retenu, pèse de la totalité de la tare.
Dare-dare ? Non ! ! !
Un élan inopiné délogera la canine de sa ride fine.
Petit à petit, ici calé, tu pèses. Et, à mesure, le piton en épine se rive, sa solidité s’avère sûre.
Tu t’élèves en émyde. Pas à pas.
Éviter une solide vérité : ce pâle mirage te cale.
L’azur agité se pâme.

Émyde : tortue américaine.