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Les vers assoient

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Les vers assoient, murmurent dans les cahiers
Ils ne jonchent pas ces pages blanches et molles
Pleines d’un sucre qui ne fait pas école
Les vers assoient leurs sons patients et douillets

Ils astiquent la feuille au fruit vanillé
Caresse d’or tour à tour car entre ses pôles
Ils laissent un sonnet beau comme un saule
Qui file brave et nous tient éveillé

En le lisant on tire une leçon à soi
Dont on fait pour une belle dame une ode
Belle également qu’elle lit à toute allure

Quand la dame meurt, à la lanterne on s’assoit
À côté d’elle et sur sa tombe l’on brode
Un cahier où sans fin les vers assoient leur chant pur.