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Les verres à soif

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Les verres à soif carburent dans le cellier
les étanchent là baies mûres, vertes et molles
pleines d’un sucre dont on fait un alcool
les verres à soif qui sont humés et touillés

se goûtent, s’effeuillent avec un bruit mouillé
se lancent même autour de nos épaules
leur panse est un cocon rond à un pôle
abri de rêves qui dorment pressurés.

En les revidant on tire un cri de joie
dont on fait pour une belle dame une autre offre
bêlée galamment qu’elle fuit à toute allure

Que la dame meure ! En un verre on la noie,
enfouie, belle plante, en sa tombe on la coffre,
un cellier où sans fin les verres à soif carburent.