Accueil Les oulipiens de l’année La nuit
Le point de vue du feu

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La nuit…. Quand on m’aura allumé, j’éclipserai la nuit. Quand je brûle, il n’y a plus que moi qui compte. Je suis le grand hypnotiseur. Ce soir, pour m’honorer, le ciel a chassé tous ses nuages ! Les étoiles y brillent comme des escarbilles et la lune comme la corne d’un toro de fuego. Il a suffi d’un briquet, bien sûr, mais sous le souffle de l’air expiré par des poumons compatissants j’ai pris de l’ampleur, mes flammes se sont libérées, me voilà feu de camp ! C’est vrai que j’aurais aimé être dressé sur une plage, mais ici, sous ce ciel de nuit, je ne me sens pas mal non plus, et je brûlerai à l’infini si on veille à m’alimenter. Je ne m’attendais pas à partir aussi vite et peut-être pour un aussi long temps. Regardez mes étincelles, je les envoie au-dessus de vos têtes, vous les voyez ? Et pourtant vous ferez ce que vous avez à faire pour qu’elles n’existent plus – et en vitesse : vous ne voulez p as passer pour des incendiaires.