Accueil Les oulipiens de l’année Je regarde le bistrot
Le bistrot à la manière de Mallarmé

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M’éblouissait mirage au carrefour de Bourges,
brumisation fortuite anglicisant les bouges.

Je devins tel Ulysse un Tirésias chauvin,
assoiffé d’enfin voir l’Étincelle subtile,
au Voir si bleu de l’Autre me faisant reptile,
tandis qu’au limbe de sa barrière nacrée,
cristalline coulait une perle, rosée
hyaline suée de sa paupière ourlée,
vagues m’offrant un avenir ultramarin.

Étranger un quidam s’évanouit hâté
dans un halo de lucre et de rapacité.

Familier arrogant attendait l’autre type,
espérant le verdict ainsi qu’à Thèbes Œdipe,
intrigué de verser à la coupe duale
un sang nouveau renouvelant la bacchanale.
Notre oracle se tut : boisson conjecturale.

Et le Voir absolu prit enfin le pouvoir,
ton Voir réciproqué, ton Voir céruléen
à l’ovale absolu et nageant vers demain,
potentiel réifié, ma sirène au lavoir :
l’Instant ne voulait rien d’autre que de te boire.

Stéphane Monkarmé, Bourges, Bourges, Bourges.