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La nuit de Loudun

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– L’Ennemi... Quand nous aurons allumé le feu, nous en aurons fini avec l’Ennemi. Quand il y a le feu, il n’y a plus qu’à affronter le feu qui monte. Le feu est un exorciseur. Ce soir, père Grandier, le Ciel a chassé tous les diables avec vous ! Il a extirpé la confession de ces Loudunaises de vouivres, au bout d’une lutte inélégante, en arrachant leurs ongles saignants. Ça n’en est que plus suspect, bien sûr, car on soutire, car on avère. C’est la résipiscence et le temps de la repentance ! C’est vrai qu’il manque la mère supérieure, mais le cierge n’est pas mal non plus comme image de la finitude. Tu ne t’attendais pas à partir en pénitence aussi vite, et peut-être pour aussi longtemps. Urbain Grandier, c’était toi, j’ai l’aveu, veux-tu le voir ? Et bientôt tu n’existeras plus. Il ne fallait pas croire à Lucifer, aux diablesses et aux sorcières.