Accueil Les oulipiens de l’année La nuit
La nuit a disparu

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– La nuit... Quand l’ignition aura pris, nous n’y pourrons plus voir la nuit. Lors qu’il y a ignition, il n’y a plus qu’ignition qui soit. Fatal qu’ignition nous hypnotisât. Or, distinguons-nous l’obscur baldaquin ayant soustrait pour nous tout nimbus, tout cumulus ? Car voilà qu’on planta mil clous d’or au plafond ; plus l’arrondi d’un croissant faraud au bout d’un doigt smart. Sûr qu’il fait plus froid, mais buvons l’air, inhalons à fond : nous voici campos, nous voici au camp scout ! D’accord, ni flots, ni jusant, ni flux, ni raz. Mais à saisir l’infini là-haut, l’illustration vaut pas mal non plus. Comptions-nous partir aussi soudain ; va savoir, partir aussi loin ? Lorgnons la scintillation là, tu la vois, nous la voyons, illusion pourtant : la star a disparu au train où s’approcha jusqu’ici son rayon.