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La nuit

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La nuit...
Quand nous aurons allumé le feu, nous ne pourrons plus voir la nuit. Ni la nuit, ni tes lèvres. Jamais je n’ai mieux vu tes lèvres que dans ces nuits les plus sombres. Comme le soleil éteint la nuit, son feu brûle tes lèvres qui disparaissent doucement en un rideau de poussières brillant dans son rayon. Ouvrant lentement sur le jour dans cette inévitable dispersion. Mais qu’il fait froid le jour quand me quittent tes lèvres. Je n’ai jamais aussi froid qu’en ces jours jusqu’au soir alèvrés. Ce sont tes lèvres dansant sur les miennes qui donnent à mes nuits leur chaleur. Conjuguées à la lune. Dansant avec elle, tes lèvres font jaillir à chaque pas une étoile de plus. Et quand tes lèvres s’ouvrent sur sa voix lactée, mes yeux frémissent devant une telle beauté. Parfaites comme les douze crans d’une horloge, comme les vers du plus beaux des alexandrins.
Mais la nuit ... s’efface vite. Et tes lèvres avec elle. Mais la nuit... reviendra ce soir. Et tes lèvres je l’espère.