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L’ADN de Nithard

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Les envahisseurs avaient fouillé au hasard dans les décombres de la planète qu’ils venaient de vitrifier, afin de trouver – qui sait – des indices de vie passée.
Sous une couche de quelques centaines de mètres de cendres tièdes, ils étaient arrivés à un bâtiment qui semblait dû à une construction réfléchie, pas comme ces milliers de grottes calcifiées aux colonnades grossières, ouvrage du temps, que les secousses de leurs bombes avaient éventrées et mises au jour.
Au milieu d’une quantité de matériaux aux formes régulières, au bout d’une esplanade recouverte de cubes minéraux alignés, ils fouillèrent ce bâtiment. Une inscription illisible, au fronton, indiquait sans doute sa fonction. Leurs machines de décryptage des langages extérieurs fit apparaître quelque chose comme « NITAR » quand leur lecteur sonore eut fini l’analyse.
Une sorte de vitrine, sécurisée, contenait des éléments qu’ils identifièrent comme des restes d’un animal autrefois animé, quelques formes longues et tordues, une sorte de sphère creusée d’orifices.
Un physicien imagina qu’il y avait là, peut-être, la trace concrète d’une espèce disparue depuis des millénaires, qu’on y trouverait sans doute de l’ADN, et qu’il serait intéressant de tenter la reconstruction in vitro de cet animal.
Les crédits nécessaires furent débloqués, une équipe se mit au travail.
On y passa quelques cycles, et enfin sortit du reconstructeur une forme complexe, un cylindre surmonté d’une sphère, des extensions vaguement rectilignes, et l’objet se mit à vagir dans un idiome qu’aucun traducteur ne comprit. On entendait des sons articulés, mais il semblait parler deux langages en parallèle, aussi incompréhensibles l’un que l’autre.
Comme la bête semblait inintéressante, titubante, peu adaptée à un élevage de rente ou à la nourriture, on arrêta l’expérience, on détruisit la créature, car il n’était pas question de prendre le moindre risque qu’elle pût se reproduire et peupler un espace difficile à surveiller, on revitrifia la zone, et on alla dans un autre quartier de cette fichue planète, où l’on ne trouva rien.
La flottille repartit dans un autre bras de la galaxie, au cas où...
Un des physiciens, qui se flattait d’avoir du style, en tira un récit dans lequel il imaginait une civilisation d’animaux guerriers et religieux, et sa plaquette fut publiée à l’usage des enfants. On l’intitula, en souvenir du décryptage initial, L’Invention de Nitar.