Accueil Les oulipiens de l’année La Peinture à Dora
Accouplement littéraire

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Je me livrais le soir à ce genre d’exercice
Et mon tableau aussi devenait idéal ;
Trop pressé par le temps, devenu son féal ;
Oh ! Là ! Là ! retenir ces secondes salvatrices !

Et d’authentiques chefs-d’œuvres avaient un large trou.
Découragé, fébrile, j’accrochais dans ma course
Des toiles. Ma salle d’exposition était à la Grande Ourse,
Les lambeaux de tableaux avaient un doux frou-frou.

Et je les regardais, debout, au bord du doute,
Ces mauvais soirs d’horreur où je sentais des gouttes
De sueur à mon front, comme un bain de terreur ;

Où, brossant hâtivement une œuvre fantastique
Comme des dessins fous coulant sur une vitre,
Je m’efforçais de vivre, l’espoir près de mon cœur !