Accueil L’oulipienne de l’année Traverse la terre
Libération

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Traverse la terre, la rive et le fleuve :
démente née en geôle, fissile esprit,
enfin vit l’indicible désir.

L’infidèle choisit l’or,
corrompt l’intègre prisonnier.
Celui-ci sous son corset de bois tombe et trahit.
L’impur consort possède surtout
le rêve liminal où trônent de faux anges ivres
si tristes qu’on brûle de les battre.
"Hiver primitif ! Vivant nuage !"
Trille des cris pleins d’opioïde.

Chape si belle, pense-t-il, pour moi :
l’ondine siffle et m’inhibe
ondulant sur l’horizon, indécente, si insinuante.
Sans un mot il rompt le fil,
ce fil dont il a chéri
le blanc suçon qui le tint moribond en prison.

Il s’en va musant,
roi polisson d’un îlot nu.


Les mots du poème de Michelle Grangaud sont repris aux vers 1, 6, 7, 12 et 17. La liste des voyelles est entièrement fixée par la contrainte du jeu de la vie appliquée à partir du premier vers :


aeeaeeaieeeeue
eeeeeeeoeiieei
eiiiiieeiiieeo
iioooieeioieeu
iiouooeeoioeea
iiuoooeeuoueee
iiaouoeeauaeie
iieuoueeeaeiei
iiiauaeieeieio
ioieaeieeeeiou
oioieieeiieoua
uoioieeeiiiuae
auoioeieioiaei
eauouieioioeio
ieauaoioiouiou