Accueil L’oulipienne de l’année La nuit
Clair de lune

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La voûte illuminée
D’un soir de mai disque en déclin
Blancheur pâle qui s’abandonne traînante
Morne flambeau filant triste rêve d’encre
La voûte ensommeillée
Désolante en sa fêlure
Ralentit son frôlement de robe

Marelle sourde ronde cercle qui rampe
Tournoiement entêté du tiède jeu d’ombre
Nuit d’anciens signes surgis d’un ruban gris
Nova rembrunie brune lune rougie
Grave feu diapré invincible incendie dansant au vent mauvais

Barque rêvant calme au roulement d’eau morne mordorée
Bercement incertain brume d’ombres ivres
Long cordon tors qui nous cerne sorcier noir sinistre
Monarque fantasque
Sourit ce blafard hypnotiseur claudiquant nuitamment
L’incube lugubre tend ses bras noircis tel la pieuvre
Sournois sillage baiser de vent

Voûte déformée
Roulis de mer dru courroucé
Barque parée pour partir baignant par grands fonds
Tournoiement blême d’étoile en déshérence
La voûte est enfoncée
Dans la saumure maussade
Rien n’existe plus qu’onde aigrie visqueux fleuve

Quel deuil
Charrie
Ce dormant flot lourd