Accueil L’oulipienne de l’année Diomira, une ville invisible
Alexandrins noirs

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Partant vite de là, frissonnante journée, espérant se lever l’homme enfin dormira. La ville aux morts-vivants, ses troupes putréfiées, leur stature sans bras bouffés par des vieux rats, des rues pavées de mains aux phalanges crispées, un coquin mort puant le matin sur un tas. Ces horreurs sont connues et même colportées par ceux qui les ont vues en beaucoup d’autres cas. Mais c’est surtout ici qu’on les sait arrivées. Le soir - septembre noir lorsque la nuit est là -, servant ses feux follets aux flammes allumées porte des griseries que la peur terrassa. Quand une femme crie, aux joues ses mains collées, nul son n’en sort entier. Pour l’heure au cinéma, il n’a jamais vécu de pareille soirée : les scénaristes sont vraiment tombés bien bas…

Invivo Calcino - Les films indicibles (Deuil), traduit de l’italien par Jean Thisadeau