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Poème-portrait Jacqueline et Jacques

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Poème portrait Jacqueline->Jacques :

Je vois…des lunettes. Une paire, deux paires, pas trois quand même ?
Je sais qu’il a aussi plus d’une facette.
Je remarque une facétie du visage, un grain…de folie ?
Je souligne, est-ce nécessaire, les sourcils drus, fournis, sérieux.
J’ignore si Jacques s’identifie au « chevalier » gris du tee-shirt.
Je pense que le ton des chaussettes fait injure aux chaussures
Je suis sûre que son esprit est d’indépendance
Je me demande s’il va manger ses lunettes
Je parie que ses solaires ne sont pas de vue
Je refuse l’idée de l’intello qui se prend au sérieux
Je vois des lunettes. Une paire, deux paires, pas trois quand même.

Poème portrait Jacqueline->Jacques :

Je vois une chose que je n’aurais peut-être pas vue de Jacqueline sans ce poème portrait : le motif Corto Maltese de son gilet marin.
Je sais, de science récente, pour l’avoir appris de sa bouche, que Jacqueline sait assez de choses sur la Normandie pour faire profession de les apprendre à d’autres.
Je remarque que le gilet blanc à bandes bleu marine cache mal un deuxième gilet blanc, peut-être plus fin, également à bandes bleu marine.
Je souligne que le pantalon rouge presque corsaire souligne lui-même la thalassotropie de Jacqueline (qui n’est au demeurant qu’une hypothèse).
J’ignore si le rouge des ongles des orteils qui fuyaient les orties a été acheté en flacon à Roscoff ou à Granville.
Je pense qu’il a été acheté à Roscoff et utilisé à Granville.
Je suis sûr que la chevelure courte poivre et sel a exactement cette longueur car elle est ainsi plus pratique à entretenir dans les embruns.
Je me demande si Jacqueline n’est pas une dingue de la croisière à voiles.
Je parie que la petite pierre noire enchâssée dans sa bague en or provient du trésor de Barbe Noire qui lui en a fait personnellement cadeau.
Je refuse de me pardonner mon hésitation de ce matin qui m’a fait repousser à demain le fait de mettre aujourd’hui mes chaussettes à motif Corto Maltese, ce qui aurait produit là une extraordinaire coïncidence.
Je vois une chose que je n’aurais peut-être pas vue de Jacqueline sans ce poème portrait : le motif Corto Maltese de son gilet marin.