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Hélène et Guy

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Poème portrait Hélène->Guy :

Je vois la peau brune, couleur douce, uniforme, ensoleillée et douce à la fois
Je sais que Guy, quand il croise un homme dans la forêt, détourne le regard, il me l’a dit
Je remarque cette discrétion et cette élégance plusieurs fois dans les lignes de son corps
Je souligne que les lèvres sont roses et marron à la fois, un peu comme le rouge discret de sa chemise
J’ignore s’il sait que quand il sourit, il a l’air timide et qu’instantanément ses yeux se mettent à briller
Je pense que ce qui m’émeut le plus, c’est la beauté de ses mains : elles ressemblent tant à celles de mon père
Je suis sure de leur bienveillance, de leur douceur, de leur fermeté
Je me demande pourquoi elles ne prennent aucune marque du temps, pourquoi elles sont si nettes, si précises. La lunule est claire, parfaite, apaisante
Je parie qu’elles sont familières de ce stylo qu’il manie avec légèreté, sans violence
Je refuse l’idée qu’elles puissent s’abîmer ou se crisper sous l’effet de la colère ou de l’angoisse
Je vois la peau brune, couleur douce, uniforme, ensoleillée et sombre à la fois

Poème portrait Guy->Hélène :

Si Hélène savait !
Je vois que devant moi le vent se lève.
Je sais qu’il est sûrement de force deux
Je remarque qu’il est serein comme l’est Hélène
Je souligne qu’il pourra enfler les voiles.
J’ignore tout des vaisseaux imaginaires
Je pense qu’ils accostent aux îles interdites
Je suis sûr qu’un jour ils reviennent au port
Je me demande si parfois le vent tourne.
Je parie que ses yeux sont couleur ciel
Je refuse de m’y perdre, une fois encore.
Je vois que devant moi le vent se lève.