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Paulo le ver a soif



Paulo, le ver à soie, sur sa feuille murmure :
« J’aurai bientôt fini ce festin quotidien
J’ai mangé tant de vert que déjà, je suis plein !
Et je n’ai toujours pas trouvé, parmi ces mûres,

Fruits juteux et sucrés, mais blancs comme un boudin,
Dodus, appétissants, mais ramollos et flasques
Celui que je pourrais distiller dans ma flasque
Que je garde sur moi pour noyer mon chagrin. »

Alors, Paulo le ver s’énerve et gesticule.
Il dévide sa soie pour en faire un cocon,
Une sorte de niche en forme de capsule
Autour de ses épaules et s’endort comme un c… !

Dans la magnanerie ou le soyeux l’emporte,
On le plonge aussitôt dans un bassin bouillant !
Et Paulo, le râleur, meurt instantanément.
Avec son fil de soie, on fera une sorte

De vêtement douillet pour un habit de fête,
Qu’une dame racée, qui s’appelle Paulette
Portera sûrement à son enterrement.
Mais la dame, une fée, prend un médicament

Qui lui donne à jamais son teint de jouvencelle.
Elle ne mourra point ! La nature est cruelle !
L’un se fait un abri et meurt dans sa capsule…
L’autre danse à jamais, grâce à une pilule.

Moralité :
La capsule à Paulo, ça vaut pas la pilule à Paulette !


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