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Le café des poilus

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Emphatique

Si nos valeureux poilus parviennent à tenir sur le front, si nos soldats conservent un moral d’acier dans leurs tranchées humides, c’est qu’ils puisent leur énergie dans un breuvage miraculeux, obtenu à force de persévérance et d’opiniâtreté par les cohortes exemplaires de nos fidèles épouses dans des usines modernes où les machines-outils, puissants monstres d’acier, torréfient sans relâche les grains du café le plus pur, convoyés sur les mers par notre invincible flotte commerciale depuis le fabuleux Brésil, terre de toutes les aventures.

Péjoratif

Un cheffaillon sans gloire, la cinquantaine bedonnante, surveille benoîtement de ternes ouvrières occupées sans grande conviction à touiller un brouet malodorant où barbotent quelques grains de Robusta destinés à tromper la soif d’appelés du contingent prépubères expédiés dans des wagons poussifs vers les zones secondaires pour opposer une hypothétique résistance aux timides assauts des Boches.

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