Accueil Les oulipiens de l’année Crochet à goutte d’eau
La complainte de l’abrupte

Page précédente Page suivante
Sur la face lisse
Du granit qui glisse
Pas le moindre trou
Pas un trait qui saille
Pas la moindre faille
Pour planter un clou.
Ce poitrail superbe
Comme un corps imberbe
Pourrait t’effrayer
Il bombe le torse
Il montre sa force
Comme un bouclier
 
Sur la voie raide et abrupte, pas moyen d’avancer
Il faudra bien pourtant trouver comment progresser
 
Lorsqu’aucune encoche
Ne barre la roche
Il reste un espoir
Un machin infime
Le moyen ultime
Le truc des grands soirs
Ce moyen unique
Crochet métallique
Pour les gouttes d’eau
Voilà qu’il accroche
L’écaille de roche
Comme un grain de peau
 
Sur la voie raide et abrupte, pas moyen d’avancer
Il faudra bien pourtant trouver comment progresser
 
La petite échelle
Qui forme margelle
Peut te supporter
Il faut être leste
Mesurer tes gestes
Ne rien bousculer
Sous le poids des tripes
Le crochet s’agrippe
Tu peux t’élever
Sur quoi tu reposes…
Pense à autre chose !
Tu sens l’air vibrer
 
Sur la voie raide et abrupte, pas moyen d’avancer
Il faudra bien pourtant trouver comment progresser

Source : « La Complainte de la butte ».
Paroles : Jean Renoir, musique : Georges Van Parys.