Accueil L’oulipienne de l’année La nuit
Eldorado

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La nuit c’est ténébreux, le feu vient l’annuler,
Il l’évince sans gène ah ! Le tour de magie :
Ce feu-là t’emporte sans but, ensorcelé,
Sorte de veille, un soir, tous tes sens assagis.

Dans la nuit sans flambeau, toit sombre et étoilé,
Nuées se dissipant et les chimères aussi,
C’est l’heure où Séléné épand sa lueur voilée,
Pareille à une estampe, une cosse amincie.

Vois-tu Mars ou Vénus ? Éridan ou Pluton ?
Front froid ! Ton nez est rouge, oh ! cette bise est saine !
En congés ! En roulotte ? C’est l’alpage ou la plaine...

Parfois on aura peur, traversés de photons :
Ondulant au pourtour de la Lyre et Persée
Dans des spires sans fin, taris dans le passé.

Jacquard de Nerouet