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Dioulipomira



En prenant du champ durant trois jours vers le levant, l’homme, à l’écart, a découvert Diomira, une ville avec soixante coupoles peu ou prou bordées d’argent, de grands golems en bronze de tous les démons, quelques rues pavées d’étain, un théâtre orné par Rubens mais taillé dans un cristal de roche mythique, beau, doux, un coq d’ébène à bouche d’or dont le chant berce l’arrivée du matin sur une tour du château de l’Escurial. Toutes les émotions que cet art noble attise, il en est de semblables à Vienne ou dans d’autres villes que notre voyageur recensa longuement et dénombra fort soigneusement. Mais le propre de celle-ci est que si l’on s’y enfourne et la pénètre un soir de septembre, à l’heure où le lion est en chasse, et que le regard est attiré comme s’il était lié par les lampes multicolores s’allumant toutes ensemble aux portes des auberges, et que d’une terrasse s’échappe, magnifique, une voix de femme forte et enjouée qui crie : hou !, on en vient à envier ceux qui à l’heure présente savent ce que valent de pareilles soirées et tiennent encore à espérer connaître le bonheur.

Italo Calvino - Les villes invisibles (Seuil), traduit de l’italien par Jean Thibaudeau

On aura entendu passer, par ordre d’entrée en scène : Duchamp, Caradec, Roubaud, Grangaud, Monk, Bens, Métail, Schmidt, Beaudouin, Bénabou, Chambers, Duchateau, Lescure, Arnaud, Latis, Blavier, Queneau, Salon, Braffort, Fournel, Le Lionnais, Garréta, Le Tellier, Berge, Chapman, Forte, Jouet, Queval, Etienne, Perec, Calvino.

Excusés : Cerquiglini, Mathews, Pastior, Rosenstiehl.

Nicolas Graner a aussi écrit


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