Accueil L’oulipienne de l’année Je regarde le bistrot
Chez Bébert

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C’est pas un’ vie d’être patron d’troquet
Quel bain d’vapeur, l’ chaufage est détraqué
On se croirait à Londres un soir de smog
Tiens la serveuse vient de casser un mug...
Il fait trop clair : faut qu’je chang’les ampoules
Tous ces soucis, ça me tue, ça me soûle
C’est pas la Mer de la Tranquillité
En plus d’tout ça, les charges ont augmenté !
Et l’autr’connard, radin.com qui s’casse
Qui fait semblant d’mettr’ un rond près d’sa tasse !
Puis ces deux-là, les amoureux transis
Qui consomment pas, qu’est-c’qui font, I s’ sourient !
I s’bécot’raient comme sur les bancs publics
Mais chez Bibi c’est privé, v’là le hic !
Je t’en fich’rais, moi, de la poésie
Les yeux dans l’vague à rester là, assis !
POUR VOUS C’EST QUOI ? Gin tonic, menthe à l’eau ?
Café ristrett’, café crème, diabolo ?
Dans vingt minutes je ferme, j’vais pas attendre
Voilà la carte, pas la CARTE DU TENDRE !

Ainsi parlait, sans trop fleurir ses mots
Aigri, stressé, le patron du bistrot.

Yan Manque
Tas’d’bourges, l’âne qui rumine