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C’est un soir où elle n’a plus de chocolat



C’est un soir où elle n’a plus de chocolat. Cela n’arrive jamais. C’est aussi un soir de vent, de tonnerre et de pluie. Elle se serait bien plongée dans la lecture des Hauts de Hurlevent, qu’elle ne possède que dans une mauvaise version en bande dessinée. Mais elle n’a plus de chocolat. Ni noir, ni blanc. Encore moins du chocolat au lait, car elle l’engloutit. Et elle ne peut lire sans grignoter son habituel chocolat. Habituel par l’aliment et non la variété car elle pense à peu près connaître tout ce qui existe en ce domaine. Un brusque coup de tonnerre et la pluie persistante, avec des éclairs nets ou diffus, lui donne une subite et inextinguible fringale. Il lui faut du chocolat ! Elle craint l’orage et ce tonnerre qui dirait-on fouette les frondaisons dans les gris du soir. Elle craint l’orage et pour compenser, il lui faut du chocolat. Du chocolat et rien d’autre. Par le cadre de sa fenêtre, elle aperçoit son voisin, qui l’observe derrière la sienne. Elle sent soudain, un besoin d’aller parler à celui qui lui fait des avances depuis qu’elle a emménagé dans cette petite maison. Voisin, qui lui a déjà offert quelques boites de chocolat. Trop souvent médiocres, d’ailleurs. Mais, il faut savoir ce que l’on veut. Alors, elle va sortir, peut-être que lui, en a en stock du chocolat. Elle met sa veste et sort. Mais aussitôt, sous ses vêtements s’infiltrent des minces fils de pluie poussée par les coups de bélier que le vent assène contre l’abondance soudaine d’une pluie que ne veut ni homme ni herbe. Elle retourne rapidement chez elle. Le risque est trop grand. Elle rage. La nature, pas plus que le tonnerre qui vous fait sauter comme un enfant, ou ce vent qui arrive presque à étouffer le gong du soir, la nature donc, ne veut pas qu’elle mange son chocolat. Nature contre sacré. Mais soudain, elle réalise qui lui en reste dans sa réserve numéro 19. Elle a vidé la numéro 20 hier. Mais, elle a délaissé le très médiocre chocolat au citron de son avant-dernière réserve. Tant pis, il n’est pas très bon. Mais cela reste du chocolat. Elle va pouvoir reprendre le cours normal de sa vie. Elle salive. Et rapidement, la tablette est dans sa main.

C’est un soir de vent, de tonnerre et de pluie, qu’importe, il lui reste du chocolat. Elle est plongée dans la lecture des Hauts de Hurlevent en bande dessinée et elle grignote son chocolat au citron qui est meilleur que la B.D. Un brusque coup de tonnerre et la pluie persistante se change en pluie d’orage, avec des éclairs nets ou diffus, et un tonnerre qui dirait-on fouette les frondaisons dans les gris du soir. Elle croque un gros morceau, directement dans la tablette. Par le cadre de sa fenêtre s’infiltrent des minces fils de pluie poussée par les coups de bélier que le vent assène contre l’abondance soudaine d’une pluie que ne veut ni homme ni herbe, pas plus que le tonnerre qui vous fait sauter comme un enfant, ou ce vent qui arrive presque à étouffer le gong du soir. Qu’importe. Elle finit son chocolat et son livre. Elle va se coucher. Sans se brosser les dents. Ce serait dommage de gâcher ce goût pourtant imparfait, avec du dentifrice !


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